Contexte Historique

Vers l’an 481, à la mort de Childéric 1er père de Clovis : , Clovis hérite d’un royaume qui correspond à la Belgique seconde (à peu près la région de Tournai), petite province située entre la mer du Nord, l’Escaut et le Cambrésis, soit un territoire allant de Reims jusqu’à Amiens et Boulogne, à l’exception de la région de Soissons, qui est contrôlée par Syagrius.

Toute sa vie, Clovis s’efforce d’agrandir le territoire de son royaume, avant, selon la tradition germanique, que ses enfants se le partagent. Peu à peu, Clovis conquiert la moitié septentrionale de la France actuelle.

En 486, il emporte les villes de Senlis, Beauvais, Soissons et Paris contre Syagrius. C’est à cette période que correspond l’histoire du Vase de Soisson.

Paris, devient la nouvelle capitale du royaume unifié, c’est la première accession au statut de capitale de l’ancienne Lutèce, qui porte désormais le nom de l’ancien peuple gaulois des Parisii.

En 511, à la mort de Clovis,  4 royaumes sont créés, ils ont pour capitales : Reims, Soissons, Paris et Orléans. Ses fils Thierry, Clodomir, Childebert et Clotaire dit le Vieux se partagent, conformément à la tradition franque, le royaume qu’il avait mit une vie à réunir.

Corbie se trouve alors dans le Royaume de Clotaire qui se compose de deux parties,

Le royaume sera unifié, le 23 décembre 558, quand Childebert meurt sans descendance d’une longue maladie, ce qui permet à Clotaire de réunifier à nouveau le Regnum Francorum de son père Clovis et de s’emparer du trésor de son frère.

En 561 A sa mort l’héritage patrimonial est partagé entre ses enfants:

En 567 il y a un partage du royaume de Caribert, mort sans héritier mâle, entre Gontran, Sigebert et Chilpéric.

C’est à cette date, qu’apparaissent les 2 nouvelles dénominations de :

En septembre 584, un désordre générale s’installe suite à l’assassina de Chilpéric Ier près de sa villa de Chelles.

Clotaire II dit le Jeune devient alors roi de Neustrie , il est le fils de Chilpéric et Frédégonde. Il deviens roi des Francs en 613

Un aspect important de la nouvelle configuration est le maintien dans chacun des trois royaumes d’une administration spécifique avec à sa tête un maire du palais.

Le maire du palais est à l’origine le majordomus, serviteur du roi chargé de la vie matérielle du palais.

Durant cette période, la fonction prend de l’importance et leurs titulaires, membres de la haute aristocratie, jouent un rôle politique important. Les maires du palais étaient les plus hauts dignitaires, après les rois.

On retrouve également les termes de magister palatii, maior palatii ou major domus regiæ, pour désigner le maire du palais.

A cette époque les royaumes francs couvraient alors l’essentiel de la France, l’Allemagne et le Benelux actuels. Il y avait autant de maires du palais qu’il y avait de royaumes avec un maire du palais pour le royaume de Neustrie, d’Austrasie et de Bourgogne.

Guntland Premier seigneur de Corbie

A l’époque dans laquelle les Francs viennent de faire la conquête des Gaules, un homme est devenu maire du palais il s’agit d’un certain Guntland

Guntland ou Gundoland est un maire du palais de 613 à après 630.

Dans ces temps anciens, c’est à dire avant même la construction de l’abbaye, Corbie était une maison (villa) appartenant au fisc.

Les Terres conquises pendant la conquête des Gaules furent partagées entre le chef de l’expédition et ses compagnons de victoires.
Les terres qui échurent à ces derniers furent appelées saliques ou alleuds. : celles qui demeurèrent au chef, furent nommées fiscs; et  les habitations qui se formèrent dans son domaine furent nommées maisons fiscales.

Les maisons fiscales n’étaient pas comme l’on pourrait croire, de simples métairies. Elles avaient pour l’ordinaire une famille nombreuse de serfs, entre lesquels on comptait des laboureurs, des vignerons et des artisans de toute espèce, qui formaient tous ensemble comme un gros bourg ou village, et travaillaient au profit de leur seigneur : les uns aux vignes ; les autres aux bois ; ceux-ci au moulin ; ceux-là à la pèche ; d’autres enfin aux ouvrages utiles au ménage de la campagne. Quelques unes de ces maisons avaient un grand nombre de dépendances, qui formaient un arrondissement considérable. Il y avait des cantons entiers habités par des ouvriers.

Corbie et son domaine furent donnés à un seigneur nommé Guntland ou peut-être Gundoland, ou encore Gontland, il était maire du palais sous Clotaire II.

Le domaine s’étendait, à l’Orient, jusqu’à Bray-sur-Somme, Sézanne et Bazentin ; et à l’Occident, jusqu’à la Mote-Brebières, aussi sur la Somme, et à la banlieue: de la ville d’Amiens ; au dessus de cette banlieue, jusqu’à l’Etoille, et au delà de cette même rivière jusqu’à Airaines, Warluis et Warluisen. Il était borné au Midi par la rivière de Somme et au Septentrion par la forêt de Vicogne. Cette ancienne forêt avait été donnée en bénéfice à un autre seigneur, nommé Frodin.

Le comté de Corbie à cette époque était pratiquement entièrement recouvert de bois.

Guntland n’avait pas le titre de simple seigneur des terres mais il avait l’autorité de comte sur ses terres de Corbie.

Cette qualité de comte l’obligea entre autre :

Un titre de 1186 qualifie Guntland de compte et son domaine de comté.

Le comté de Corbie suivit la loi des bénéfices, et retourna au fisc après la mort de Guntland, vers 630- 639. Il y demeura réuni jusqu’au règne de Clotaire III, qui, à la sollicitation de la reine Bathilde (voir l’article ici) sa mère, l’en détacha de nouveau pour fonder, celle qui deviendra, la célèbre abbaye de Corbie.

Bathilde, étant encore régente, voulut faire pour des hommes ce qu’elle avait fait pour des filles. Corbie lui parut un lieu propice à l’exécution de son dessein.

Elle n’eut pas de peine à obtenir l’agrément du roi. Si l’on en croit quelques mémoires manuscrites, le nouveau monastère fut construit sur les fondements du château de Guntland, d’où, vraisemblablement, la rue du Chatelet,  qui deviendra la rue Saint Martin puis rue  Nôtre-Dame, qui avait pris son nom. C’était, en effet, une des plus anciennes rues de Corbie.

 

Guntland, vêtu de son costume de chevalier, apparait régulièrement dans les rues de Corbie.guntland à corbie

Son fantôme revient plusieurs fois par an à travers les rues afin de narrait l’histoire de la cité, de ses habitants, de son patrimoine à travers les siècles.

C’est Vincent de l’office de Tourisme du Val de Somme qui entre dans la peau du premier seigneur Corbéen, pour des visites guidées intitulées “Le fantôme de messire Guntland”, comte de Corbie au VIIe siècle.