Retour la présentation de la commune de Querrieu

Querrieu au Moyen Age

L’histoire de Querrieu au moyen age est celle de son château.

La maison de Querrieu existe depuis des temps très reculés.

La maladrerie de Sainte Marie Madeleine existait en 1182.

Dés 1183, Querrieu appartient à Foulques, seigneur de Bertangles, puis à ses descendants.

L’Église de Querrieu a été bâtie à plusieurs époques, c’est ce qui explique qu’elle soit de différentes styles..

En 1226, le curé Pierre était doyen de chrétienté. La paroisse faisait partit du doyenne de Mailly.

Une chapelle fondée en 1238 portait le nom de Sainte Croix et jouissait de 170 livres de revenu à prendre sur les terres dites de la Chapellerie.

En 1219 la chapitre de Notre Dame d’Amiens achète au seigneur de Vignacourt la 3éme partie des dimes de Querrieu

En 1230 Bernard de Bertangles donne la moitié de la dimes à l’Hotel-Dieu d’Amiens

Chartes 1289, 1318, des Accords seigneuriaux:

Les riverains de Querrieu et de Pont avaient l’usage du pâturage et du fauchage de l’herbe à foin, dans les prairies marécageuses. À partir de l’époque féodale, les droits de seigneurie sur ces biens communaux ont été exercés par le seigneur de Querrieu. Le seigneur abbé de l’Abbaye Saint-Vaast d’Arras, qui avait la seigneurie foncière sur de larges parties des terres labourables de Pont, défendait les droits des habitants de Pont ; possédant également des terres sur le terroir de Querrieu, il était, pour l’ensemble, représenté par sa Maison de Pont-Querrieux.

L’objectif de tout temps de la seigneurie de Querrieu, a été d’obtenir la propriété foncière sur l’ensemble des marais communaux.

En août 1289, un charte concède l’usage des marais de Querrieu pour ces habitants, cette concession étant, en fait, un acte d’appropriation.

En avril 1315, le seigneur de Puchevillers, prononce un arbitrage entre l’abbé de Saint-Vaast d’Arras et Walon, seigneur de Querrieu, autorisant ce dernier à faire paître des bêtes dans les marais et vendre l’herbe à faucher à la faucille, tant aux habitants de Querrieu que de Pont.

Cet arbitrage n’est pas du goût de la mère de Walon, fait interdire l’usage des marais aux habitants de Pont. Mais en octobre 1318, Walon est doit restituer aux habitants de Pont l’usage de « ses marais ».

Temps moderne

Au XVIeme siècle la seigneurie de Querrieu fut en la possession de la famille de Saveuse.

En 1556, les « Allemans étant sous la charge du comte Ringrave » étaient à Querrieu.

En 1596 Gabrielle, fille de Louis de Saveuse, seigneur de Querrieu épouse Robert de Gaudechat dont la famille possède le domaine de Querrieu jusqu’à nos jours (1899)

Une sculpture de l’intérieur de l’église atteste que la seigneurie de Querrieu appartenait aussi en partie à la famille picarde de Brimeu en 1656.
En 1597, au moment du siège d’Amiens, Henri IV, alla au devant de Contreras, général Espagnol qui s’était avancé jusqu’à Querrieu, il l’attaqua et le poursuivi jusqu’à l’Encre.

En 1615, le maréchal d’Ancre y envoya des troupes “pour tenir court ceux de Corbye”

En 1636 « l’année de Corbie », il fut décidé que le camp de Gaston d’Orléans serait porté à Querrieu.

En 1636, Jean de Gaudechart, à la tête d’un régiment est envoyé devant Corbie tombé au pouvoir des Espagnols.

Le roi et Richelieu se joignent à lui et font lever le siège.

En 1652, pour récompenser François de Gaudechart de ses services, Louis XIV érigea en sa faveur la terre de Querrieu en marquisat par lettres patentes.
Les lettres portent l’institution à Querrieu d’une foire annuelle le jour de Saint Gervais et Protais et d’un marché le jeudi de chaque semaine.

Le château de Querrieu était autrefois très fortifié. La grande route passait au pied de ses murs de manière que le passage pouvait être interdit à des ennemis qui auraient ait une invasion dans cette partie de l’Amienois.

En 1669, pour mettre fin à des siècles de “bataille” sur l’utilisation des biens communaux, une ordonnance royale des Eaux et Forêts, stipule que « Le tiers des bois, prés, landes, pâtures, étant de la concession gratuite des seigneurs, pourra être distrait et séparé au profit desdits seigneurs en cas qu’ils le demandent et que les deux autres tiers suffisent aux besoins de la communauté ».

Le seigneur obtient donc la propriété d’un tiers des biens communaux. Les habitant de Querrieu vont en profiter pour réclamer la propriété des deux autres tiers, alors que le seigneur prétend être le propriétaire du tout et ne devoir aux villageois que l’usage des deux tiers.

Un chef de contrebandiers,Nicolas Crit, dit vulgairement Colin Crit, de Querrieu, dont le nom faisait trembler le pays, nécessita l’envoi de troupes contre lui; il fut pris et rompu vif par jugement du 13 septembre 1724.

Du temps de la Fronde, Querrieu fut le théâtre de différent combats, peut être lorsque le prince de Conté prit Albert.

En 1739 et 1740, Querrieu est touchée par une terrible épidémie de peste, qui est suivie d’une grande sécheresse. La commune n’est plus capable de financer les réparations, pourtant indispensables, de l’Eglise.

Par délibération en date du 15 avril 1742, les habitants de Pont et Querrieu arrêtent de demander à Mgr Chauvelin, Intendant de Picardie, la permission de mettre quarante journaux de leurs marais communs à usage de foin, baillés à ferme par adjudication, pour employement le prix de la jouissance au payement des réparations à leurs églises.

La délibération, ayant été faite sans en avoir référé à la marquise de Querrieu, elle leur une réclamera une part en faisant valoir ses droits à la possession des biens; mais, dans un but de charité, elle consent à la mise en adjudication demandée.

Le 26 juillet 1742, la jouissance est attribuée à Paul Joly, trésorier des Ponts et Chaussées de la Généralité de Picardie et négociant à Amiens. Ce dernier en faisant creuser des fossés de délimitation de sa parcelle, tombe sur un gros gisement de tourbe. Le 19 novembre 1744, les habitants, corps et communautés de Pont et Querrieu, adressent à Mgr Chauvelin une requête en vue d’annuler l’adjudication, considérant qu’ils avaient été lésés sur la valeur de la parcelle. Après six mois de procédure, l’adjudication est annulée. Le sieur Joly doit être remboursé des sommes déboursées, jouissance de deux ans déduite.

le 5 juin 1764, l’abbaye de Saint-Vaast intervient pour réclamer la seigneurie et la propriété des marais sis au nord de la rivière et la copropriété avec les habitants de Querrieu de ceux qui sont au sud. Mais l’arrêt du 7 mai 1778, déclare la demande des religieux non recevable. Ces derniers font appel au Parlement de Paris qui, le 25 mai 1784, rend un arrêt définitif les déboutant et maintenant le marquis dans ses droits.

Le 22 octobre 1784, un arrêté de l’Intendance de Picardie permet à toute personne, sans exception, de fabriquer du charbon de tourbe

Dés lors, les habitants de Querrieu et de Pont, demandent l’autorisation de tourber dans leurs marais communs. L’autorisation qui leur est donnée par l’Intendance de Picardie, déclenche une violente opposition du marquis de Querrieu, et le 3 mai 1786 les habitants seront déboutés de leur demande par l’Intendant de Picardie.

la Dame de Querrieu, revendique la pleine propriété d’une partie de ces marais. Le 7 août 1786, le Parlement de Paris accorde à Louis François de Gaudechart devenu marquis et seigneur de Querrieu, la conversion de la demande de triage faite en 1761, en cantonnement. La Dame de Querrieu doit payer les frais d’annulation de la demande de triage et de sa demande de cantonnement, les autres parties étant condamnées aux dépens.

Par décret de l’Assemblée nationale en date du 15 mars 1790, le droit de triage est aboli : «Pour rentrer en possession des portions de biens communaux dont elles ont été privées, les communautés sont tenues de se pourvoir devant les tribunaux… », ce dont les municipalités n’ont pas les moyens financiers.

D’autres procès eurent lieu en 1792 – 1801 (seize jugements) et 1818 -1822 entre la famille Gaudechart et les habitants de Pont – Querrieu.

Au XVIIIe siècle, les marais bordant la rivière Hallue entre les terroirs de Querrieu et Pont-Noyelles, avaient une étendue de 271 journaux

Querrieu devait avoir ses mesures particulières; on trouve, par exemple, dans une fondation de 1238, un “muid” de blé, mesure de Querrieu.

La première école, l’école des garçons, a été construite en 1778. Et fut utilisée jusqu’en 1859.

Après la révolution

Le 15 janvier 1790 Querrieu est le chef lieu de l’un des 18 districts d’Amiens et en l’an VIII de l’un des 18 arrondissement communaux. Il sera dissous le 17 brumaire de l’an X

Le canton de Querrieux comprend les communes de Allonville, Bussy-les-Daours, Camon, Cardonnette, Daours, Franvillers, Fréchencourt, La Houssoye, Lamotte-Brebière, Pont-Noyelles, Querrieux, Rivery, Saint-Gratien et Vecquemont.

En l’an VII et jusqu’au 10 germinal de l’an VIII (30 mars 1800), tous les mariages civils du canton de Querrieux, sont prononcés au chef-lieu, conformément à l’article IV de la Loy du 13 fructidor de l’an VI (30 août 1798).

En novembre 1839, à l’initiative d’Antoine Petigny, curé de la paroisse, une école de filles a été ouverte. Elle fut fermée en 1845.

Suite aux procès pour les marais, le partage définitif des marais aura lieu entre les municipalités en 1843. Un lot de 44 hectares 68 ares est attribué à Querrieu pour 256 feux, et un lot de 32 hectares 91 ares est attribué à Pont-Noyelle pour 182 feux.

Un nouveau bâtiment groupant la mairie et l’école des garçons est construit en 1867

Une nouvelle école est construite en 1886, qui sera rénové et agrandi en 1992, le bâtiment est devenu une école mixte et comprend une classe maternelle.

Querrieu fut envahi en 1870-1871 par les Allemand. Le 23 décembre 1870 Querrieu est le théâtre d’une bataille entre Français et Prussiens. A la fin de la journée Faidherbe qui commande l’armée Française se retire vers l’Est, bien qu’ayant maintenu ses positions.

Il y avait beaucoup de maisons Bourgeoises à Querrieu. Les chaumières avait totalement disparues.
Vers 1890, Querrieu vie de l’agriculture, qui est en progrès mais manque de bras et de machines. Les indigents sont peu nombreux.

En 1896 le conseil sollicite la création d’une voie ferrée dans la vallée de l’Hallue. La demande est rejetée par le conseil général par économie.

En 1897, il y a 150 chevaux, 300 bovins dont 180 vaches laitières, 750moutons 70 porcs 20 chèvres.
Le beurre de Querrieu est renommé sur le marché d’Amiens.
Il y a également 115 ruches d’abeilles

La bonneterie emploi, en 1897, 60 ouvriers, autrefois florissante elle tend à disparaitre. Seuls la fabrique de fichus et de châles résistent.
Un moulin à farine existe encore en 1897, il y avait jadis 2 moulins à huiles.
Le manque de voix ferré serré à l’origine de la disparition de l’industrie et serait la cause de la fermeture de la sucrerie pourtant à la pointe en 1890.
La tourbe extraite ne sert qu’à l’usage des habitants.

En 1916, le Quartier Général de la 4e armée britannique sous le commandement du général Rawlinson, occupe le château de Querrieu.

Le 10 août 1916, tout l’État-Major est réuni à Querrieu autour de George V qui décore des officiers français, dont les généraux Fayolle et Balfourier. Le souverain était accompagné de son fils, le jeune Prince de Galles, futur roi Edouard VIII du Royaume-Uni, puis duc de Windsor après moins d’un an de règne.

En 1918 les habitants sont évacués vers les villages voisins, car les Allemands lancent une offensives vers Amiens, les troupes Britanniques cantonnent dans le village.

Le 20 juillet 1918, devant le château de Querrieu, le général Monash remet des distinctions et médailles à la 4e Division d’infanterie qui s’est distinguée à la bataille du Hamel, mais en y en perdant 24 officiers et 480 hommes.

26 août 1944, deux vagues d’avions lâchent leurs bombes sur le bois de Querrieu, faisant sauter le gros dépôt de munitions installé par les Allemands. Le lendemain, les munitions légères entreposées dans le parc du château sont immergées dans les étangs

Hameaux de Querrieu

ARCHÉOLOGIE.

La voie romaine d’Amiens à Bavai (Nord) passait à Querrieu.

L’église se compose d’une nef et de 2 collatéraux, du chœur avec abside à trois pans, de la tour du clocher, placée en dehors et au nord de l’édifice, et d’une chapelle au sud, formant transept, ce qui donne au plan une forme de croix latine. Dans la façade terminée en pignon, on voit une porte à cintre très ouvert, surmontée d’une baie en tiers-point. bordée d’un tore dont l’uniformité est rompue par deux chapiteaux à tailloirs octogones, dans le style du xive siècle. Deux petites fenêtres en plein cintre, d’apparence romane, accompagnent la porte.

La nef, séparée des collatéraux par quatre arcades en tiers point, reposant sur des piliers carrés, est couverte d’une voûte en bois avec entraits et poinçons apparents. Les bas-côtés ont été reconstruits. Le chœur qui appartient au style flamboyant, est de la fin du xv°siècle; il est éclairé par trois fenêtres ogivales à moulures prismatiques et son plafond, qui est de 1764, est en bois; les piliers du chœur sont cylindriques et sans chapiteaux. Il est entouré d’une litre, où on distingue encore les armes des Gaudechart.

Une tour carrée s’élève sur l’emplacement de l’ancienne chapelle seigneuriale; ses fenêtres ogivales, du même style que celles du chœur, sont aveuglées aujourd’hui; elle est surmontée d’un clocher en charpente. Dans chacun des angles se voit l’amorce d’une ogive l’arcade, qui faisait communiquer la tour avec l’église, est bouchée.

Sur deux piliers de la nef sont deux blasons, l’un de Brimeu d’ Humbercourt, l’autre de Luxembourg vis-à-vis, on voit des épitaphes, l’une de Gilles Le Testu, laboureur (1507), l’autre d’Andrieu du Mury, prêtre (xviéme siècle), la pierre tombale du curé Delacourt (1787), un obituaire de 1784. La chaire est de 1709.

Les fonts baptismaux ont la forme d’une colonne ronde et courte, avec une piscine au pied pour l’écoulement des eaux.

Le château est de la première moitié du xix°siècle. On a découvert, en 1853, des tombeaux en pierre,avec couvercles, des épées en fer, des urnes en pierre blanche.