Il y a de cela longtemps, bien longtemps, un laboureur de Hangard, dans la Somme, avait semé du chanvre dans une de ses pièces de terre entre Hangard et Démuin.

C’était la première fois que cette plante était cultivée.

champ de Chanvre

Lorsque le chènevis (la graine du chanvre) commença à mûrir, quelle ne fut pas la stupéfaction du propriétaire en voyant s’abattre dans son champ une nuée d’oiseaux qui se mirent à dévorer les grains mûrs.

Le pauvre homme n’eut d’autre parti à prendre que de demeurer dans sa pièce de terre depuis la pointe du jour jusqu’à la nuit tombante afin de pourchasser les oiseaux voleurs. Les dimanches et les jours de fêtes, il était condamné a rester en faction.

Un jour, c’était le 4 juillet, il entendit le joyeux carillon des cloches qui appelait les fidèles a l’église pour la fête de Saint-Martin, son glorieux patron.

C’était la première fois, depuis son âge de raison, qu’il ne lui serait point permis d’assister aux offices de ce saint.

Dans sa détresse, il se précipita sur le sol à deux genoux et invoqua ardemment Saint-Martin, qu’il n’avait jamais prié en vain.

A peine se fut-il relevé qu’il remarqua que tous les oiseaux qui faisaient son désespoir avaient pris leur vol et s’étaient retirés au loi dans une vieille maison inhabitée.

Comptant sur la protection de son patron, le laboureur se rendit à la messe et aux autres offices et, chaque dimanche, il put se rendre à l’église, car ce miracle se renouvela en sa faveur jusqu’au jour où sa récolte fut terminée.

 

C’est à partir de cette époque que l’oiseau qui avait causé tant d’embarras au pauvre homme fut considéré comme l’oiseau de Saint-Martin et fut nommé ainsi : le Martinet.

 

De cette légende également, a surgit une coutume, celle de laisser sur pied, chaque année, lors de la récolte du chanvre, à intention de ce Martinet, la plus belle touffe du champ.

Demuin Hangard

Qui était Saint Martin ?

SAINT-MARTIN naquit en PANNONIE (actuelle Hongrie) en 316
Le célèbre apôtre des Gaules était le fils d’un officier supérieur chargé de l’administration de l’armée  ROMAINE, et ce n’est probablement pas un hasard si le nom de Martin signifie « voué à Mars », Mars étant le dieu de la guerre à Rome.

Lorsque son père termina sa carrière militaire, il reçut quelques lopins de terre dans la région de PAVIE, en Italie et c’est là que Martin fut élevé.

A l’âge de 10 ans, Martin se présenta de sa propre initiative pour recevoir l’enseignement de l’église chrétienne.

Mais les parents de Martin était restés païens et, alors que le jeune homme ne rêvait que de vie monastique, son père l’inscrivit de force comme cavalier de l’armée, alors que l’âge légal de l’enrôlement est de 17 ans, il force son fils de 15 ans à entrer dans l’armée

Il entre dans l’armée, non pas comme simple soldat car il est fils d’un vétéran mais avec le grade de circitor avec une double solde. Le circitor est chargé de mener la ronde de nuit et d’inspecter les postes de garde de la garnison. Le jeune homme possède à l’époque un esclave, mais, selon ses hagiographes, il le traite comme son propre frère.

C’est au cours du passage des romains dans les environs d‘Amiens où il fut sans doute baptisé en 339 que se situe la plus populaire anecdote de la vie de St Martin.

A l’âge de 18 ans, un soir d’hiver en 334,  alors qu’il faisait route à cheval, il rencontra un mendiant, et, dégainant son épée, il tailla en deux sa cape pour en donner la moitié au pauvre. Ce geste de couper une cape en 2 parties pour n’en donner que la moitié peut évidemment curieux pour un chrétien, mais il faut savoir que tout militaire romain devait payer la moitié de son uniforme. L’autre moitié restant propriété de la cavalerie.

Il est bien évident que ce geste,répondant aux principes qu’il avait appris dans l’évangile,était aussi en quelque sorte une manière de tourner en dérision les principes militaires auxquels il était astreint contre son gré.

Le reste de son manteau, appelé « cape » sera placé plus tard, à la vénération des fidèles, dans une pièce dont le nom est à l’origine du mot chapelle.

En mars 354, Martin participe à la campagne sur le Rhin contre les Alamans; ses convictions religieuses lui interdisent de verser le sang et il refuse de se battre. Pour prouver qu’il n’est pas un lâche et qu’il croit à la providence et à la protection divine, il propose de servir de bouclier humain. Il est enchaîné et exposé à l’ennemi mais, pour une raison inexpliquée, les Barbares demandent la paix.

A 40  ans, après s’être affranchi avec difficulté de ses obligations militaires, Saint Martin se rendit à POITIERS où il rencontra  Saint-Hilaire, évêque du lieu. Saint Hilaire lui proposa de l’incorporer dans son clergé en l’ordonnant sous-diacre, mais Martin par humilité, n’accepta que le plus bas des ordres mineurs.

Saint Martin retourna en Pannonie où il convertit sa mère,son père prétendant rester païen.

De retour à Poitiers il fonda le premier monastère des Gaules au sud de Poitiers. Il se consacra dés lors à la vie monastique sur les terres que lui avait sans doute cédé l’évêque Hilaire. Ordonné prête, il fut sacré évêque le 4 Juillet 371.

Essayant de fuir les apparats de sa nouvelle charge,il fonda un monastère, prés de Tours, où il se retira dans une cabane exigüe,entouré de ses quatre-vingt frères.

Malgré son attrait pour la vie monastique, Saint Martin fut un grand voyageur: il parcourut les campagnes, lutta contre les superstitions et établit de nouvelles paroisses rurales.
Lorsqu’il mourut en 397, la dépouille de Saint Martin fut ramenée à Tours où on éleva une modeste basilique remplacée bientôt par une église romane puis une église gothique. La crypte où reposaient ses reliques reçut la visite de ClOVIS, CHARLEMAGNE, PHILIPPE-AUGUSTE, SAINT LOUIS, HENRI IV,LOUIS XIV….