Début 1900, à Corbie, des voiture(tte)s sortent d’une usine automobile, je vous présente les établissements “Marot Gardon et Cie”

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La Vie au grand air : revue illustrée de tous les sports du 20/05/1900

 

Nous sommes fin du XIX° siècle, l’usine MAROT GARDON se trouve à Corbie, plus exactement dans le quartier de la Neuville, près des fermes Brienne et du Port, sur le lieu-dit nommé “Babelogne“.

L’usine de Corbie, est située sur la rivière L’Ancre , elle est entourée de magnifiques arbres.

Le siège de la société est à Paris, au 37 rue Brunel, il existe également un atelier de réparation à Levallois-Perret.

En 1898, la compagnie est déjà connue pour sa fabrication de tricycles et des quadricycles à moteur.

Le dimanche 11 juin 1899, Messieurs Philippe MAROT (ingénieur en horlogerie),  GARDON et Cie, des industriels de l’automobile bien connus inaugurent à Corbie leur nouvelle usine.

C’est une usine moderne, avec l’outillage  le plus moderne de l’époque. Elle a les dispositions les mieux appropriées à une grande et belle production industrielle d’automobile, selon un article du journal La Presse du 15 juin 1899.

Dans l’usine nous trouvons une turbine de 35 chevaux et un moteur à vapeur de 50 chevaux qui actionnent des machines neuves et récentes.

L’agencement des ateliers de montage est particulièrement admiré. Les ateliers sont blancs, émaillés et nickelés. Les bâtiments sont chauffés à la vapeur et éclairés à électricité.

Durant l’inauguration, un banquet est organisé dans l’usine avec la municipalité de Corbie, des fonctionnaires de la ville, de nombreux industriels venus de Paris et également des sportifs Parisiens.

A ce banquet assistent notamment MM. VITAL-BOUHOURS, MALICET, OURY, DANGOISE, DESKERT, BLIN, DURET, CARON, BONDONNEAU, et biens d’autres personnes bien connues à l’époque.

Après un discours de Monsieur Léon CURé, maire de Corbie, DANGOISE et GARDON et les nombreux invités font une visite détaillée de cette superbe installation qui fait de la maison Ph MAROT, GARDON et Cie une des premières industries.

Voici un modèle de voiture que l’usine de Corbie fabrique

voiture Marlot faite à corbie

 

C’est en 1899 qu’est créé la voiturette Marot-Gardon actionné par un moteur de cylindrée 3 hp, avec une boîte à 3 vitesses. La voiture a trois ou quatre places, elle était actionnée par un moteur de 4CH ½ avec 3 vitesses, 2 freins, une marche arrière, des pneumatiques, etc.

En 1901 la société crée deux modèles de voitures à deux places avec la commande horizontale à l’avant, du moteur 6 hp, et de la chaîne. La voiturette de Marot-Gardon a son  moteur vertical de 7 hp adapté directement à l’essieu arrière.

Revue de presse

A l’époque, de nombreux journaux parlent de cette usine voici quelques articles de presse :

Les traces de la création d’une usine nouvellement créée à Corbie sont visibles dans un article du journal Gil Blas édité à Paris daté du 7 mars 1899

Nous pouvons lire dans ce journal l’article suivant :

Usine automobile Marot Gardon à Corbie 80800

Usines Marlot à Corbie

Extrait Le Journal du 30 aout 1900

Avec ses tricycles ou motocyclettes, la marque participe à de nombreuses courses, remportant un évident succès : 1898 Paris-Bordeaux 7ème du général et 2ème des motos et tricycles (573 km en 19h56mn) ; Critérium des chauffeurs 2ème. Les victoires : Coupe des Motocycles, Paris-Roubaix, Paris-Dieppe, Paris-Montargis, Ecquevilly-St Germain et le Tours-Blois-Tours avec record des 100 km en 2h14mn !

Article sur les voitures MAROT GORDON

Article dans le magazine le Sport illustré sur les voitures MAROT GORDON

 

statut usine Marot GARDON

Extrait du journal Le Matin du 10/08/1899

L’incendie

Malheureusement l’usine est entièrement détruite suite à un incendie dans la nuit du vendredi au samedi 12 janvier 1901, nous pouvons lire dans le journal amusant, journal illustré, journal d’images, journal comique, critique, satirique daté du  19 janvier 1901 que ce terrible incendie a détruit l’usine automobile :

Ateliers, magasins et outillages tout à disparu dans la fournaise, sauf un petit atelier d’émaillage et de nickelage.

Les pertes dépassent 500 000 Francs mais sont couvertes par 2 assurances

 

Après cette date nous nous trouvons plus de traces de cette usine, et la mémoire collective semble l’avoir oubliée. Les ateliers seront abandonnés  jusqu’en 1921, date à laquelle les ateliers BECCAT d’Albert (dans la Somme) s’installeront à cet endroit.

 

Usine beccat  après Marot à Corbie

Crédit photo : René OSSART