Après les noces d’or du 7 janvier 1761 de Louis BOURRY et de Françoise HARLE (Voir ici), attardons nous sur un autre événement assez rare à l’époque le centenaire d’un Corbéen.

Il s’agit du Centenaire de Jean Baptiste Honoré MATTE, dit le “père Corset” qui ont eu lieu le 10 aout 1908.

Chose assez rare à l’époque, selon l’INSEE, les plus de 100 ans n’étaient que 100 en France en 1900 sur les environs 41 240 000 habitants. D’autant plus rare pour un homme que 86% des centenaires étaient des femmes (toujours vrai de nos jours).

Celui qui nous intéresse aujourd’hui appartient à cette infime proportion.

Il s’agit du Corbéen :

Jean Baptiste Honoré MATTE

Sa naissance:

Jean Baptiste Honoré MATTE a vu le jour le 10 août 1808 à 6h du matin dans la commune de Corbie.

Il était le deuxième fils sur 4 du légitime mariage qui eut lieu 19 novembre 1801 entre :

Ces parents demeurent à cette époque rue du jeu de battoir à Corbie.

Jean Baptiste avait donc 3 frères :

 

Naissance pere corset matte à Corbie

Acte de Naissance JB Matte à Corbie 1808

 

Sa vie familiale

Jean Baptiste Honoré MATTE se maria le 15 juin 1831 à 10h du matin à l’hôtel de ville de Corbie avec une fileuse de laine Florentine Elisa FOURNIER née le 5 avril 1806 dans la commune voisine d’Aubignyelle décédera le 18 février 1872 à Corbie à l’âge de 66 ans

A son mariage Jean Baptiste exerçait le métier de Sayeteur (tisserand : Ouvrier, ouvrière qui travaille à la fabrication des étoffes de laine, terme usité surtout dans la région d’Amiens) et il était alors âgé de 22 ans et 10 mois. Quant à la future, elle était âgée de 24 ans et 10 mois, elle était fille de Pierre François FOURNIER sayeteur et Marie Anne Antoinette  SELLIER fileuse de laine.

Les bans furent publiés 2 dimanches le 5 et 12

Les témoins de ce mariage  furent :

4 enfants seront le fruit de ce mariage, 2 filles et 2 garçons :

Une vie de labeur

Le père Corset comme on le nommait à Corbie a eu une vie de labeur dès son plus jeune âge.

Jean Baptiste commença très tôt à travailler, il commença comme fileur de laine dès l’âge de 6 ans jusqu’à ses 12 ans.

A 12 ans il devient manœuvre dans une exploitation de tourbe, jusqu’à l’âge de 50 ans.

Durant cette longue période il n’eut pas à arrêter pour le service militaire puisque il eut de la chance lors du tirage au sort pour le service, tirant un bon numéro, il se trouva exempté de service militaire.

Petite parenthèse sur la circonscription à l’époque :

La conscription c’est à dire le recrutement de soldats selon leur année de naissance est un héritage de la Révolution. A cette époque, plus exactement depuis 1793 l’armée n’était plus une armée de métier, après 1798, la loi Jourdan organise des “levées de masse”. Tous les jeunes de 20 à 25 ans ont une obligation de 5 ans en temps de paix et illimitée en temps de guerre.

Le nombre de conscrit à fournir était déterminé par canton.

Ce nombre était transcrit sous forme de numéros de 1 à … qui étaient tirés au sort depuis un décret impérial de Napoléon Ier mettant également en place le conseil de révision. Les jeunes hommes étaient d’abord mesurés et déclarés aptes ou non au service. Le 10 mars 1818 la  loi Gouvion-Saint Cyr revient sur la loi de 1814, en y ajoutant des éléments : Durée de 6 ans dans l’infanterie, Durée de 8 ans dans les autres armes et le 9 juin 1824 la  loi Suchet fixe à 8 ans le service militaire dans tous les corps.

Déroulement du tirage au sort :

  • Le tirage au sort avait lieu dans le chef-lieu de canton. Après le recensement de la population, les hommes en âge de servir sont appelés dans l’ordre de leur inscription sur le tableau de recensement.
  • Ils tirent au sort un numéro (préalablement, on a mis dans une urne le même nombre de numéro que de personnes recensées, les absents et les fraudeurs obtenant d’office les plus petits).
  • Chaque homme tire un numéro qui est inscrit alors sur les tables de recensement.
  • Les hommes ne savent pas encore si le numéro est “bon” ou “mauvais”, même s’ils devaient en avoir une idée.
  • Les petits numéros étaient systématiquement ceux qui faisaient le temps de service complet, les plus gros, ceux qui ne faisaient qu’un an (ou deux s’ils étaient illettrés et qu’on leur demandait de rester un an de plus pour corriger ce problème).

 

Revenons à notre centenaire.

Après ses 50 ans, c’est à dire vers 1858, il devient colporteur, c’est à dire un marchand ambulant qui vend ces marchandises de porte-à-porte, chaque jour il sillonne le canton afin de colporter pince-nez et lunette, il continua ainsi jusqu’en 1905, à l’âge de 97 ans.

C’est à cette époque qu’il accepta d’entrer à l’Hôpital Hospice de CORBIE.  On le dit toujours saint d’esprit avec une très bonne mémoire lui permettant ainsi de raconter moult anecdotes avec ses camarades,

D’ailleurs il se liera d’amitié avec un “presque” centenaire, âgé d’un an de moins, né le 25 octobre 1809, le sieur Jean Baptiste DROCOURT dit “Moricien“, ancien plafonneur (plâtrier) et ancien ouvrier en bonneterie originaire du quartier d’Etampes à Corbie , qui avait également une bonne santé comme notre “Père Corset” mais il était malheureusement aveugle.

Le centenaire.

L’annonce du centenaire parait dans toute la presse.

Comme ici dans la Gazette :

gazette centenaire à corbie

Revue la Gazette

Ou encore dans le Petit journal, l’article était même agrémenté d’une photo de nos deux vieux camarades devant l’hôpital de Corbie.

petit journal  aout 1908

Article du petit journal aout 1908

 

Jean Baptiste Honoré, ainsi que ses proches, seront reçus dès 11 heure à l’Hôtel de ville de Corbie le lundi 10 aout 1908, devant le conseil municipal, le maire et divers invités.

Sur ces 4 enfants il n’en restait plus qu’un âgé de 68 ans.

Une réception et un banquet sera offert par la municipalité au centenaire, à sa famille ainsi qu’aux hospitalisés de l’hôpital Hospice de Corbie. Et la journée ne s’arrête pas là à 17h une balade en calèche dans tout Corbie sans oublier la Neuville est prévue, cette ballade se fera dans une calèche prêter par un industriel, qui 10 ans plus tard sera maire de Corbie, Jean MASSE (voir article sur Jean Masse).

Pour finir cette journée de fête, à 20 heures un concert sera donné par l’harmonie municipale de CORBIE suivi d’un grand bal populaire.

Voici une carte postale avec le char qui a servi à la ballade:

char pere corset

Char du père Corset prêté par Jean MASSE

Mon Lien avec Jean Baptiste MATTE

Jean Baptiste MATTE est un cousin d’un ancêtre à la 8e génération de Gauthier JUMEL.

Jean OSSART 1668-1735
&1690 Pâquette MARCILLE 1668-1724

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Jean OSSART 1695-1747 Martine OSSART 1702-1779
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Françoise Marie Colette OSSART 1730 Louis Matte 1746-1802
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Jean Baptiste RENARD 1755-/1800 Louis Brice Matte 1770 -1858
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Marie Anne, Rose RENARD 1786-1840
| Le père Corset 1808
Célénie, Marie DHEILLY 1830-1869 Jean Baptiste Honoré MATTE
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Célénie, Marie DUBOIS 1852-1936
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Marcel Emile JUMEL 1893-1962
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Mon Grand_père paternel
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Mon père
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Gauthier JUMEL 
appartient à