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Départ pour la Savoie.

Voyant qu’elle ne pourrait pas œuvrer depuis la Picardie, elle écouta le père Henri et prit la route vers la Savoie au château paternel de ce dernier celui de la Balme, tenu désormais par son frère Alard de la Balme. Deux amies fidèles de Colette, Marie Sénéchal et Guillaumette Chrétien, la suivirent.

Quand elle arriva au château elle fut très bien accueillie et s’installa humblement dans le plus petit réduit d’habitation. Et se mit en prière et aida afin d’aider à accoucher la femme d’Alard qui était sur le point de succomber. C’était une fille, elle deviendra par la suite compagne pendant près de 30 ans de Sainte Colette et une de ces biographes, c’était celle qui allait devenir sœur Perrine.

A partir de ce moment beaucoup de jeunes filles rejoignirent la nouvelle communauté de Sainte Colette.

Le 27 janvier 1408, à la demande de la comtesse de Genève, le pape accepta que cette communauté s’installe à Besançon dans un monastère de Clarisses où il n’y avait plus que 2 sœurs.

De ce lieu, Colette aurait réalisé plusieurs miracles en sauvant des malades, en réanimant des morts, comme par exemple pour la fille de Monsieur PURCET, cet homme de Besançon qui a vu sa fille mourir avant son baptême et qui l’emmena auprès de Sainte Colette en espérant qu’elle eut un dernier souffle de vie, et miraculeusement la petite  donna des signes de vie grâce à l’abbesse. Elle fut baptisée Colette et deviendra même des années plus tard abbesse de Pont à Mousson. Sainte Colette aurait ressuscité plus de 100 enfants.

En 2 ans le monastère qui, avant la venue de Sainte Colette, était vide se repeupla très vite de Clarisses.

Les autres Monastères

Puis Colette, prit la route pour Dijon, pour une entrevue à l’initiative de la Duchesse de Bourgogne, cette dernière voulant la création d’une maison de Clarisse dans cette ville. Colette accepta sous la condition que cette maison se fasse dans une petite ville fermée, loin de l’agitation d’une grande ville comme Dijon, elle choisit comme ville Auxonne. Et le monastère d‘Auxonne fut en possession de Sainte Colette le 28 octobre 1412.

Colette continua son œuvre, et fondera 18 couvents, de Besançon à Gand. Beaucoup de monastères rejoindront sa réforme. On appellera “Colettines” les Clarisses de retour à la stricte observance. La réforme Colettine s’infiltra aussi dans l’ordre masculin.

Voici la liste des monastères fondés par Sainte-Colette :

Une bien longue liste, mais malheureusement sans parvenir à en fonder un dans ces terres natales de Corbie.

Durant cette période, vers 1429 Colette aurait rencontré Jeanne D’Arc à une époque mais aucun témoignage ne l’affirme réellement.

Malgré tout, il y en aura un à Amiens, près de sa ville natale de Corbie, en voici les détails :

A la demande de Philippe de SAVEUSE, gouverneur d’Amiens et d‘Arras, elle fonda à Amiens un collège de Colettines.  Monseigneur de Saveuse obtint une bulle du pape Eugène IV le 7 juillet 1442 lui accordant ce privilège. Il fut érigé près de la Citadelle d’Amiens en face de la paroisse Saint-Sulpice et de l’Hôpital Saint- Jacques. Le cloitre sera bénit le 26 janvier 1444 par l’évêque D’Amiens et consacré le 23 avril 1445 sous le vocable de Saint-Georges et Sainte-Claire.

Sainte Colette, déçue de ne pas avoir réussi la fondation d’un couvent à Corbie, autrefois, refera une tentative.

Autre tentative de fondation à Corbie

Le 20 octobre 1445, Philippe de Saveuse, qui était en pleine vénération pour la Sainte réussit à obtenir une autre bulle du pape, par laquelle il était autorisé à faire construire à Corbie un monastère de Sainte-Claire à Corbie, sans avoir à obtenir le consentement de qui que ce fût.

En déplacement sur Corbie avec son épouse le 14 mars 1445, il eut néanmoins le consentement de l’abbé de Corbie (Michel DAUPHIN, 3éme successeurs de Raoul de Roye) et le 25 avril 1445, Philibert de Wandre alors chambellan du duc de Bourgogne avait réuni les habitants de Corbie ainsi que les bourgeois afin d’obtenir leur consentement. Un de ces habitants Jean MOUTON, donna même un terrain pour cette œuvre de plus l’abbé s’engagea à fournir le sable pour la construction.

L’entreprise semblait bien partie. Mais cela ne plut pas au grand prieur et aux religieux de Corbie, qui blâmaient leur abbé de tolérer cela sans l’avis de ces moines. Les bénédictins de Corbie portèrent donc l’affaire au parlement en prétextant être lésés par la création d’un nouveau couvent, mais leur rancœur envers Colette datée de bien avant quand cette dernière sortie de son reclusoir. Le parlement rendit un arrêt demandant de stopper les travaux.

Philippe de SAVEUSE, par environ 7 lettres, demanda l’aide de son maitre le Duc de Bourgogne qui ne fit rien.

Saint Colette s’adressa elle-même au souverain par une lettre. Le roi écrivit aux bénédictins, qui résistèrent encore.

Ces derniers demandèrent par écrit à Colette son désistement.

Puis la duchesse de Bourgogne se mêla de cette affaire et obtint une autre bulle du Pape le 21 aout 1446, cette bulle nommait des juges pour recevoir les plaintes et statuer sur les dommages.

Le 30 octobre 1446, l’affaire était jugée et les Bénédictins déboutaient et ils étaient même menacer excommunication s’ils persistaient.

Mais les Bénédictins résistèrent encore et encore.

Le duc et la duchesse allèrent même jusqu’à proposer des compensations et des dédommagements afin d’obtenir le consentement des bénédictins, en arguant que ce couvent serait en faveur de leur fils Charles, duc de Berri que la reine déclara avoir conçu et enfanté par le secours des prières de sœur Colette. Mais rien n’y ferra.

Mort de Sainte Colette

Alors Sainte Colette, qui depuis le début de cette affaire était au couvent d’Hesdin, se résigna. Et les religieux de Corbie se glorifièrent de leur triomphe.

Puis en automne 1446, Sainte Colette pris la route vers Gand, avec une halte à Courtray pour un peu de repos, elle arriva à Gand, le jour de la Saint-Nicolas, où elle était attendue par les Colettines de Gand. Peu après, au mois de février 1447, elle fit réunir toutes les Colettines pour les avertir de sa mort prochaine sans beaucoup plus de détails, le père Pierre de Vaux était présent.

Le 26 février 1447, dès le matin la réformatrice se confessa et reçue la communion.

Son corps si frêle, était épuisé, à tel point que son confesseur lui administra l’Extrême-Onction, mais après avoir passer la nuit, elle reprit des forces et assistât à la messe dans sa cellule. Il fut ainsi durant toute la semaine, jusqu’au samedi, jour de sa dernière messe.

Elle mit son voile noir et s’étendit sur son pauvre lit en restant immobile pendant 2 jours, on lui apporta un oreiller de plumes pour alléger les souffrances mais le refusa aussitôt.

Le lundi 6 mars 1447 à 8 heures du matin, elle n’était plus. Le père Pierre de Vaux était présent.

Son corps restera ainsi étendu pendant 12 heures.

Puis son corps fut exposé sur une estrade et pendant 3 jours,  et plus de 3000 personnes vinrent vénérer le corps de l’abbesse.

Puis, selon son vœu, elle fut inhumer sans suaire ni cercueil dans le cimetière des sœurs, afin de rendre son corps le plus simplement possible à la terre.

Colette n’était plus mais son culte continua, même à Corbie qui l’avait à plusieurs reprises repoussée.

En 1471, l’évêque de Tournai entreprit une enquête à la suite de miracles survenus sur sa tombe. Et on découvrit d’autres miracles en d’autres lieux: 14 à Hesdin, 15 à Gand, 4 à Arras et encore bien d’autres à Poligny et Auxonne.

En 1783, ses ossements furent transportés à Poligny, son couvent de prédilection.

Elle fut béatifiée en 1625 et après un décret de Pie VI le 15 août 1790, mais la révolution passant par là, l’application se fera bien plus tard, elle fut canonisée le 24 mai 1807 par le pape Pie VII.

Postérité à Corbie

Statut de Sainte Colette

50 ans après sa canonisation le 24 mai 1857 sous l’inspiration d’un homme de foi, M. De CAIX SAINT-AYMOUR alors maire de Corbie, on célébra le triomphe la Sainte Colette de CORBIE et avec la générosité de ce dernier, du clergé et des habitants, on inaugura un magnifique autel.

Une statue massive d’Albert Roze, trône à la sortie nord-est de la ville vers les falaises des étangs de la Barette.

À Corbie, une chapelle fut construite à l’emplacement de sa maison natale qui a été détruite en 1918 dans les bombardements, qui devint lieu de pèlerinage, avec son jardin et son puits.

En 1938, les travaux débutèrent mais seront stoppés par la guerre 39-45, ils reprendront en 1958 et le 30 aout 1959 eut lieu l’inauguration.

Voir le bulletin paroissial sur le site saintecolettedecorbie.fr : ici

La chapelle regroupe les symboles des monastères que Sainte Colette fonda : La brique rouge pour des Flandres, le Sapin du Jura pour Poligny, les émaux du tabernacle pour Gand, la pierre blanche pour Corbie

 

Dans l’abbatiale Saint-Pierre, est exposé un tableau : Sainte Colette priant pour la délivrance d’une âme du Purgatoire de Charles Crauk (1859).

Une rue (à coté de sa maison natale) et un collège-lycée agricole privé portent le nom de Sainte-Colette.