——————————————

retrouvez la première partie de la vie de Saint Gérard de Corbie :

Sa jeunesse – sa maladie – son départ de Corbie

cliquez ici

——————————————

Retour à Corbie

 

Les affaires terminées à Rome, Foulques et Gérard reprirent la route de la France et arrivèrent à Corbie.

De là Gérard résolut de mettre de côté toute sollicitude temporelle et, n’eut pas d’autre soin que celui de sa sanctification. Le temps qu’il n’employait pas à l’oraison il le donné aux pauvres et aux malades.

 

Il se plaisait à leur rendre les services les plus humiliants, les maladies et les plaies les plus dégoutantes étaient les premières à fixer son attention, il méritait bien son surnom de père des pauvres.

Un an après leur retour le Père gardien de l’église s’éteignit. Gérard fut choisi pour le remplacer. Foulques ne pensa pas mettre en meilleurs mains la restauration de son monastère.

L‘abbaye de Corbie était alors en ruine, le cloître, le chapitre et la plupart des bâtiments étaient en si mauvais états que les religieux ni habitaient plus, l’Église de Saint Pierre avait même pris feu.

plan de corbie

La première pensée de Gérard, dès qu’il fut en charge des plus hautes fonctions, était de remédier à cette image du tombeau de Saint Adélard dans les ruines de l’Église Saint Jean l’évangéliste de Corbie.

En 1040, se rappela Gérard, Saint Adélard était apparu se promenant au milieu des ruines du temple incendié, au gardien de l’Église Saint Jean l’évangéliste de Corbie.

Cette image avait excité son zélé pour la reconstruction depuis cette date.

Saint Gérard réussi à reconstruire son église, grâce aux dons et au travail des Corbéens, hommes, femmes, enfants et même vieillards, qui approuvèrent avec ferveur son projet. Il était lui-même, ainsi que d’autre religieux à l’œuvre.

Une fois la magnificence de Saint Pierre retrouvait, il déblaya la crypte ensevelie pour pouvoir y recevoir les célèbres reliques de Corbie.

Une grande fête fut organisée, les évêques voisins vinrent présider la translation des reliques et faire la consécration de l’église.

Il y avait Saint Lietbert, archevêque de Cambrai et d’Arras, Berold, évêque de Soissons, Hélinand de Laon et même Foulques d’Amiens qui était revenu grâce au pape Léon à des sentiments plus justes envers nos religieux de Corbie.

La population était présente en très grand nombre, dans les bouches on ne parlait que de Saint Gérard. Il était à l’honneur.

Malheureusement, malgré tous ses efforts pour la gloire de Dieu, il resta encore infirme. Mais il ne s’en donna pas moins à la tâche.

Mais l’heure de sa miraculeuse guérison arrivait à grand pas.

Sa Guérison

Depuis la mort de Saint Adélhard, à qui l’abbaye de Corbie devait en grande partie son existence, ce saint dit-on protégé du haut du ciel, le monastère de Corbie. Alors que sa dépouille mortelle y reposée comme un gage de bénédiction.

Les miracles, obtenus par son intercession, surtout depuis l’époque où son corps avait été tiré de terre en 1036, y attiraient un si grand nombre de dévots pèlerins que “tout chemin aux alentours, dit saint Gérard, semblait mener à Corbie” : Omnis via in circuitu videbatur venire Corbeiam

Gérard lui-même fut inspirer de l’invoquer pour sa guérison. Il lui fit dédier un des principaux autels de la nouvelle église, et de là chaque jour, après la récitation de l’office, il venait offrir le sacrifice.

Sa ferveur était si grande, qu’il se fondait en ruisseaux de larmes et il répétait :

Saint Adélard, ami de Jésus-Christ, recevez un malheureux qui avant tous les autres, par sa misère, mais après tous les autres par son indignité, cherche en vous son refuge.

En même temps il s’engagea par vœu envers le saint, s’il lui obtenait la santé, à faire partout ses louanges et à glorifier de tout son pouvoir son nom et ses mérites.

Dès lors il commença à sentir les effets de sa protection: ses plaies se fermèrent peu à peu, inflammation de ses yeux s’affaiblit et la diminution de ses douleurs le prépara à une complète guérison.

Un jour en disant la Sainte Messe, son mal augmenta tout-à-coup avec tant de violence.

Mais le sacrifice achevé, il alla devant l’autel de saint Adélard, accablé par ses douleurs, il renouvela son vœu et pria avec encore plus d’insistance et se retira dans sa cellule pour se coucher.

A peine couché dans son lit qu’il put voir à côté de l’église un globe de feu, dont l’éclat, semblable à celui d’un éclair, rejaillit sur lui et l’enveloppa d’une lumière extraordinaire.

Il sentit dans sa tête un ébranlement général comme si ses veines se fussent rompues, il jeta un cri de détresse : Saint Adélard venait à mon secours. C’était là sa guérison miraculeuse, après cette crise c’était le calme profond et sa guérison fut accomplie.

On peut imaginer la joie que cette guérison tant attendue puisse lui apporter, Gérard se hâta de prouver à son protecteur et guérisseur, l’estime qu’il en faisait par ses œuvres.

Saint Adhélard était déjà en grande vénération à Corbie, de plus le pape Jean XX (qui n’apparait pas dans la liste officiel des papes ni même des antipapes) a permis qu’on levât le corps d’Adhélard de terre et pour le mettre dans une chasse, mais son culte n’était pas environné de l’éclat extérieur dû au fondement de l’abbaye. Gérard fit établir sa fête dans le monastère et dans la ville avec obligation de férier. Il fixa ce jour au 2 janvier jour du trépas du saint.

Puis il se mit à écrire avec passion et dévouement la vie de Saint Adhélard.

Il s’affectionna d’avantage à l’oraison, son zèle pour l’ornement de l’église et décorations des autels devint plus ardent.

Mais ce dévouement eu à subir un revers, les religieux de Corbie jouissant d’un monastère restauré et célébrant leurs offices dans l‘église Saint Pierre réédifiée par Saint Gérard, délaissèrent l’église paroissiale de Saint Jean l’évangéliste qui resta sans prêtres pour la desservir. Ce qui dérangeait fortement la communauté.

Foulques eut pour projet d’attacher à cette église un collège de Chanoines et Gérard eut la charge de réaliser ce projet. On nommât ces chanoines, les charitables ou les chanoines de la charité

 

Pèlerinage à Jérusalem

Puis peu de temps après Gérard voulu rejoindre une caravane qui se formait à Corbie pour partir en pèlerinage à Jérusalem.

Il demanda à Foulques la permission, qui dans un premier temps refusa, car il ne voulait pas se priver de ses grands services et il craignait que suivant son attrait pour la solitude et imitant les exemples de plusieurs saints de l’époque qu’il fixa a demeure dans une grotte inconnue, mais au vu de l’insistance et la joie des pèlerins de la caravane qui se réjouissaient d’avoir Gérard parmi eux mais aussi par le crainte d’aller contre la volonté de Dieu, il accepta mais après avoir reçu la promesse qu’il reviendrait à Corbie.

Il partit donc en 1073.

La caravane arriva à Marseille, pour embarquer en bateau vers Constantinople, puis traversa les déserts arides et inhabités, sans rien à manger et sans eau dans les terres hostiles où les Sarrasins étaient à l’affut des pèlerins.

La caravane arriva dans la ville sainte pour le grand plaisir de Gérard qui n’eut dès lors que le soin d’aller prier dans tous les sanctuaires sacrés de la ville.

Après quelques temps, il aurait voulu rester dans cette ville et envier ceux qui purent y rester mais se rappela à la promesse faite à Foulques et se hâta de revenir à Corbie.

 

Retour à Corbie

A son retour, Foulques tressailli de joie de le revoir enfin, mais la joie fut de courte durée, la Providence allait enlever notre Saint Gérard de son monastère.

Son frère ainé Raynier venait de mourir.

Raynier était abbé de Saint Vincent de Laon, il fut lui-même pris de Corbie pour cette charge en décembre 1059.

Ce fut une terrible douleur pour Gérard qui voyait en son frère un guide.

Et à cette terrible nouvelles s’ajouta le fait que les religieux de Laon jetèrent les yeux sur Gérard pour remplacer son frère, et élection faites ils envoyèrent une députation à Corbie pour l’avertir et le faire consentir de venir.

Gérard rejeta la proposition en disant qu’il n’avait pas les vertus nécessaires.

Cette réponse conforta l’idée, pour la communauté de Laon, qu’il était vraiment fait pour cette charge.

Ils ne se résignèrent pas et ils envoyèrent une seconde députation plus pressante pour le faire venir mais il persista dans son refus.

Alors ils eurent recours à l’évêque d’Amiens et Foulques, qui lui ordonnèrent d’accepter de devenir abbé sous peine de résister à la volonté de Dieu.

 

Départ pour Laon

Soumis à ses supérieurs il se laissa conduire à Saint Vincent de Laon pour en prendre, en octobre 1074, le gouvernement en tant qu’abbé.

Il fut bénit et reçu la crosse abbatiale par l’évêque de Laon.

Quand il arriva à Saint Vincent, il trouva des religieux, malgré le vœu de pauvreté, bercés par l’avarice et possesseurs d’argent avec une discipline affaiblie.

abbatial Saint Vincent de Laon

Tous le reçurent avec joie et semblé disposés à lui obéir. Mais quand Gérard voulu les plier à la stricte discipline et sévérité de la règle, ils s’y opposèrent.

Après 5 ans, il ne parvint pas à les remettre dans le droit chemin. Les voyant toujours plus occupés avec leur biens terrestres que ceux de Dieu, il imita le fondateur de la règle, Saint Benoit, qui ne pouvant ramener au bien les moines de Saint Côme, les abandonna pour se retirer dans la solitude.

Mais dans une cellule écarté du monastère Ebroïn, un très saint Homme pour qui Gérard avait beaucoup de respect, mis en relation Gérard et 5 chevaliers illustres désirant se jeter dans la religion.

A la demande d’Ebroïn, Gérard devint leur guide et maitre dans la pratique de la vertu. A ce groupe se joignit 2 religieux que la maladie de l’or n’avait pas touchés : Aleran (neveu de Gerard et de Raynier) et Martin.

Gérard donna sa démission de l’évêque en expliquant ce que le saint homme Ebroïn avait formé et le doigt de dieu était si visible qu’il ne put s’y opposer.

Gérard et ses pieux compagnons savaient qu’ils devaient partir mais ni la destination, ni le chemin ne leur fut pas transmis par le tout puissant. Ils  devaient s’étendre et former un grand peuple, telle était  la mission fixée par la Providence.

Gérard fixa d’abord l’abbaye de Saint Denis à son troupeau.

Sur la route Gérard, entendu parler d’un saint homme reclus depuis 3 ans,  Arnoul, à qui les moines de saint Médard de Soissons proposèrent de devenir leur abbé afin de remplacer le mauvais moine à leur tête un certain Ponce, arrivé ici par l’argent et surtout attiré que par l’argent et ses ambitions guerrières.

Gérard décida de voir cet homme pour s’imprégner de sa sainteté.

Comme Gérard pour Laon, Arnoul refusa dans un premier temps et tenta même de s’enfuir. Pour être contrains après, comme notre saint Corbéen, d’en accepter la charge.

Pendant son séjour il se forma une sainte amitié entre nos 2 saints.

Mais un certain Odon, envieux de l’autorité d’Arnoul, soudoya des émissaires du roi pour provoquer la chute d’Arnoul.

Arnoul dut abandonner sa charge et désigna Gérard à la tête du monastère, qui remporta tous les suffrages de la communauté.

Mais il n’avait pas quitté une abbaye pour prendre la charge d’une autre.

Mais comme pour Laon il en fut contraint, et dut donc mettre en attente sa petite communauté.

Mais cette pause, ne fut pas très longue, en effet Ponce “cette ennemi de toute piété” qui n’avait pas perdu de vue cette abbaye objet de son ambition,  accouru avec l’aide de la Reine Berthe. Et Gérard perdit à son tour la tête de l’abbaye pour son plus grand bonheur.

Il reprit donc le chemin avec ses deux moines : Aleran et Martin.

——————————————

retrouvez la première partie de la vie de Saint Gérard de Corbie :

Sa jeunesse – sa maladie – son départ de Corbie

cliquez ici

——————————————

A suivre : Gérard devient abbé de Saint Médart de Soissons, Saint Médard puis départ pour l’ Aquitaine, puis fondement du monastère de Sauve-Majeur dans le diocèse de Bordeaux