Histoire de Corbie jusqu’en 1310

Corbie faisait partie à l’époque mérovingienne du pagus Ambianensis, et on la trouve, dès,le milieu du VIIeme siècle, désignée sous le nom de Corbeia ou Corbegica villa , Ce nom, s’il faut en croire l’ancien auteur d’une histoire de la vie et des miracles de saint Adalhard, abbé de Corbie, vient de celui d’une petite rivière appelée Corbeia, devenu Corbie, qui se jette dans la Somme

Dés la préhistoire Corbie fut occupé par l’Homme, on trouve également dans Les Falaises de CORBIE des silex taillés de l’époque paléolithique.

Sur les bords de la rivière Ancre, des traces d’habitat datant du néolithique ont été retrouvées. Pendant l’époque Gauloise Corbie était également habité, des vases gaulois ont été retrouvés notamment dans le quartier de la Neuville.

Puis après ces périodes, au Moyen Âge, Corbie fut au cœur d’un grand domaine Royal, pendant l’époque des rois mérovingiens.

C’est en 657, que CORBIE pris de l’ampleur avec la fondation de son abbaye de Corbie.


Cette abbaye nous la devons la reine Bathilde, veuve de Clovis II, et mère du roi de Franc : Clotaire III, elle était alors régente du Royaume car son fils n’avait que 8 ans.

C’est grâce à cette abbaye doit son origine ou au moins ses principaux accroissements

Abbaye_CORBIE_FRANCE_1677

Minuscule_caroline

Folio écrit en minuscule caroline

 

de 772 à 780 Maurdramne fut l’abbé de Corbie, il est à l’origine d’un des premiers efforts pour rédiger une Bible d’une plus grande qualité graphique et en sept écritures différentes dont la minuscule caroline. Cette bible est dite “Bible de Maurdramne”

Durant l’abbatiat de Maurdramne Corbie tint une place essentielle dans la transmission des textes classiques et de la patristique. Le scriptorium de l’abbaye de Corbie fut l’un des plus importants du Moyen Âge.

Maurdramne modifia la gestion de l’abbaye en répartissant ses revenus en trois parts: la première chargée de répondre aux besoins des moines, la seconde attribuée aux pauvres et aux malades et la troisième consacrée au culte et à l’entretien des bâtiments.

780, le scriptorium de l’abbaye fut l’un des lieux où s’élabora l’écriture minuscule caroline qui s’imposa à tout l’Occident et qui devint par la suite la minuscule d’imprimerie.

781-826, Adalard de Corbie, cousin de Charlemagne, succéda à l’abbé Maurdramne, grâce à lui l’école monastique de Corbie connu de grand progrès à. La bibliothèque de l’abbaye s’enrichit de somptueux manuscrits enluminés.

Durant cette période, Adalard, très proche de Charlemagne reçut de nombreuses visites de grands du royaume lui demandant d’intercéder en leur faveur auprès de Charlemagne.

774 Charlemagne fit amener et enfermer le roi des Lombards Didier ainsi que la reine Anse et leur fille Ermengarde qui furent assignés à résidence à Corbie, sans doute obligés d’entrer dans les ordres.

Le monastère avec ses dépendances fut durant le IXeme Siécle plusieurs fois dévasté par les Normands, qui y mirent le feu eu 85o; l’ayant menacé d’une attaque en 879 ils furent contraints par Louis, frère de Carloman,de se retirer sans avoir rien entrepris; deux ans plus tard,en 881, ils l’incendièrent de nouveau,après en avoir tué ou mis en fuite les habitants. Pour prévenir le retour de semblables désastres, l’abbé Francon prit la résolution d’agrandir la ville, et de protéger la population et les religieux par de fortes murailles et un fossé. Ceci est mentionné dans un-diplôme de Charles le Simple, du 9 novembre 901.

La ville de Çorbie jouit alors de quelque repos à la faveur duquel elle put se développer, et elle fut soumise en certains points à l’autorité d’un châtelain vassal de l’abbaye.

La fin du IXeme siècle vit s’étendre par des privilèges royaux la seigneurie féodale des abbés de Corbie ils prirent le titre de comte.

La monnaie de la ville se trouva placée sous leur suprématie, et vers l‘an 912, Evrard, successeur ,de l‘abbé Francon, fit un règlement portant que cette monnaie aurait la valeur de 7 deniers d’argent et serait au titre et au poids de la monnaie d’Amiens.

Au Xeme Siecle , le cours de la prospérité de Corbie fut arrêté de nouveau. La ville fut saccagée, ainsi que l’abbaye, en 923, par le comte de Vermandois, Herbert II, puis, sous le règne de Louis d’Outre-mer, par Raoul, comte de Champagne, et enfin, en 946 par l’armée d’Othon, roi de Germanie .

Vers 1025 fut conclu entre Corbie et Amiens un pacte de paix réciproque : Les habitants de ces deux villes promirent, si quelque différent s’élevait entre eux, de ne plus se venger l’un sur l’autre par le pillage ou par l’incendie et de s’expliquer pacifiquement devant le comte et l’évêque.

Henri 1er, roi de France, étant monté sur le trône en 1o31, détacha de son domaine la suzeraineté de Corbie pour ta donner en dot à Adèle de France sa sœur, qui épousait. Baudouin V, dit le Vieux,comte de Flandre.

Corbie passa ensuite à Baudouin VI; mais les enfants de ce dernier ayant été dépossédés par Robert le Frison s’adressèrent au roi Philippe Ier, et le prièrent de les réintégrer dans l’héritage de leur aïeule: Philippe accueillit favorablement cette demande;

il se rendit de sa personne à Corbie, et après avoir fait prêter aux habitants serment de fidélité, il réunit la ville et le comté au domaine de la couronne. Malgré la perte de la bataille de Cassel on Philippe ler fut vaincu, en 1071 par Robert le Frison, Corbie resta au roi de France.

Placés sous la dépendance immédiate des abbés du monastère, les habitants de Corbie étaient primitivement serfs de corps et de biens, ils le furent jusqu’à l’année 1124.

C’est à l’an 1123 environ que l’on fait remonter l‘établissement de la commune de Corbie, par le roi Louis le Gros, à la sollicitation des clercs et des laïcs de la ville. l’abbé en place à cette époque est l‘abbé ROBERT. Mais l’existence de cette commune est constamment troublée par des débats avec l’abbaye, dès l’origine et malgré les concessions qu’ils avaient eux-mêmes consenties, les abbés s’appliquèrent à en contrarier le développement.

En 1184, la ville de Corbie fut assiégée par le comte de Flandre, Philippe d’Alsace en guerre contre le roi de France Philippe Auguste. La résistance de Corbie permit à Philippe Auguste de battre le comte de Flandre et de lui prendre le comté d’Amiens qu’il possédait. Philippe Auguste donna à Corbie de nouvelles libertés à l’encontre de l’abbé de Corbie qui s’y opposait. Mais parti en croisade en 1189, le roi fut accompagné par l’abbé Nicolas III qui lui arracha la suppression de ces « articles additionnels », mais en lutte avec ses religieux eux-mêmes Nicolas dut démissionner en 1191.

En 1186 l’Abbaye de Corbie s’étendaient du nord de la Somme au Sud de l’Authie, de l’Etoile jusqu’à Bray , Airaines, Aubigny, Bapaume, Beaurain, Beauval, Bucquoy , Canaples , Chipilly , Doullens , Fiéves, Fouilloy, Gentelles, Lucheux , Miraumont , Monchy ,Outrebois, Pozières , Talmas, la forêt de la Vicogne jusque l’Artoins , Wailly, et Warlus en aleux ..

conte de corbie en 1186

Le 27 juillet 1214 eu lieu la bataille de Bouvines opposant le roi de France Philippe Auguste à l’empereur d’Allemagne Othon et son allié Ferrand, comte de Flandre. La participation des milices communales, dont celle de Corbie, à cette bataille permis à Philippe Auguste d’avoir la victoire. Le roi rendit à la commune de Corbie les libertés qui lui avaient été enlevées.

Durant le XIIIe siècle, le commerce de la guède ou waide fit la prospérité de Corbie. Les tourteaux de waide servaient à faire des décoctions qui donnaient une teinture bleue. Les marchands de Corbie achetaient de la laine de moutons venue d’Angleterre (1237 traité de commerce signé avec Londres pour la vente du blé, du vin en gros, de la guède, des oignons et des aulx) et confectionnaient des draps travaillés. Vendus à Troyes aux foires de Champagne, ou à la foire du Lendit entre Paris et Saint-Denis. À Paris même, à la halle aux draps, des acheteurs étrangers venaient des bords de la Méditerranée acheter des draps de Corbie. A cette époque, il existait à Corbie, une fabrique d’armes, de boucliers et de cottes de mailles. Un marché se déroulait dans la ville ainsi que deux foires, la foire de la Saint-Pierre, le 1er juillet et la foire de la Saint-Mathieu à la fin septembre.

Une enquête du 16 mars 1202,constate l’existence à Corbie d’une fabrique d’épées, de boucliers, de piques, de cottes de mailles; il résulte d’un compte de 1348 que cette ville possédait un moulin à oliette,à tan et à coutiaus, c’est à dire dont on se servait pour polir et pour aiguiser le fer

Mais vers la moitié de ce siècle, une crise économique interrompit le commerce des draps de luxe de Corbie. La commune s’appauvrit.

1269, l‘abbé Mouret, en accord avec le seigneur de Fouilloy, parvint à retirer la propriété du faubourg de Fouilloy à la commune de Corbie.

En 1310 ruinés par les procès et ne pouvant suffire aux charges que leur imposait leur. constitution municipale, les habitants de Corbie abandonnèrent, au roi Philippe 1er le bel, leur commune avec tous les droits qui en dépendaient. Or celui-ci étant devenu puissant, les milices communales ne lui étaient plus aussi utiles

L’abbaye intervint alors; elle fit consentir au roi à un échange d’après lequel les droits abandonnés par les bourgeois étaient transférés au monastère, qui, de son côté, cédait à la couronne la terre de Wailly, au diocèse de Soissons, et diverses autres propriétés foncières. De la sorte, les habitants de Corbie se retrouvèrent après deux siècles hommes de fief de l’abbaye.

Ce retour à l’ancienne condition ne fut point accepté sans murmure; il y eut à Corbie des protestations, des soulèvements, et des tentatives de restauration communale.

L’abbé fit détruire les signes du pouvoir communal (les battants des cloches, le beffroi…).

Mais peu à peu les souvenirs et les traditions du régime de liberté municipale s’affaiblirent, et les luttes entre la ville et l’abbaye se réduisirent.

Il faudra attendre le XVI siècle, pour que s’opère une sorte de reconstitution du gouvernement municipal de Corbie, qui fut composé, par décision même du conseil de l’abbaye, d’un prévôt et de quatre échevins.

Source “Wikipédia”, Gallica, “Monuments inédits de l’histoire du tiers état : l’histoire municipale de Corbie