Voici une légende des environs de Corbie, plus exactement une légende dont l’action se déroule dans 4 communes : Corbie, Heilly, Franvillers et Treux

Cette légende était connue jadis sous le nom : “le feu Ribier”.

Nous sommes entre 1670 et 1675 Louis XIV n’a pas encore donné l’ordre de démanteler Corbie, qui est toujours considérée comme une ville de guerre.

Cette période est située juste avant le déclin de Corbie, les frontières du pays ont été repoussées vers le Nord.

Corbie a donc encore une garnison de militaire dans ces murs. Il s’agit d’un corps de dragons commandé par un certain commandant Ribier.

Le Commandant Ribier est connu pour ces nombreux duels. Son surnom est même «le bourreau des crânes ».

Surnom acquis grâce à ces nombreuses victimes, sacrifiées à son fol orgueil.

Voici les détails de cette légende :

Legende picarde le feu ribier

Durant l’été de 1674, sans informer le commandant, un petit groupe de dragons de Ribier alla pêcher dans les étangs du village de Treux.

Ce lieu appartenait à Marc Philippe Béry d’Essertaux, chevalier , seigneur d’Esserteaux, de Buire, de Treux, de Dernancourt et de Villecourt.

Malheureusement pour ce groupe cela vint aux oreilles du seigneur qui tenait beaucoup à ses prérogatives, il fit donc décamper au plus vite ce groupe de Dragons.

Ceux-ci revinrent donc à Corbie, tout penauds.

Quand ils arrivèrent à la Porte d’Ancre de Corbie, ils se trouvèrent face au terrible Ribier qui voulut savoir d’où ils venaient.

Ils furent obligés de lui raconter leur mésaventure tout en ajoutant les propos que M. d’Essertaux avait — ou n’avait pas — tenus contre le commandant Ribier.

Ribier sauta sur l’occasion pour porter une provocation de duel à M. d’Essertaux et s’empressa d’envoyer un homme porter sa demande.

Cet homme était fatigué de tous les duels de son maître.

Il arriva donc devant  M. d’Essertaux, et  voyant dans ce dernier un jeune homme aimable, il fut pris de compassion et lui donna le conseil de refuser le duel, en disant que son maître avait une botte secrète infaillible qui tuait son adversaire à chaque coup qu’il portait.

Mais le Seigneur de Treux, homme de cœur, ne voulut pas reculer et le rendez-vous fut pris pour le lendemain à la Voirie de Caquevel, près d’Heilly et de Franvillers. (ce lieu se voyait encore vers 1820).

Ainsi le lendemain, dans la matinée, Ribier partit à la rencontre de son adversaire, qui était déjà sur le terrain et, par bravade, disait à ses amis qu’il rencontrait sur le chemin, qu’il allait « Chercher sa vingtième tête. »

Une fois au lieu de rendez-vous, des témoins voulurent arranger le différent, mais Ribier, confiant dans sa botte secrète, voulut le combat.

Son arme secrète consistait en ce que Ribier, se fendant à fond, se laissait tomber sur le genou droit, son épée allongée, alors l’adversaire se précipitait sur lui, croyant le percer, mais Ribier, relevant vivement la pointe transperçait son adversaire.

Étant en garde, Ribier, à la deuxième passe, usa de sa botte et se laissa tomber, mais M. d’Essertaux, connaissant la feinte, fit deux pas en arrière et Ribier fut obligé de se relever.

Ils se remirent en garde et la fameuse botte n’eut pas plus de succès.

Ribier fut donc obligé de combattre d’après les vrais principes et, après plusieurs passes, M. d’Essertaux le tua.

 

Depuis ce duel, selon la légende, on voyait toutes les nuits un grand feu à la Voirie d’Heilly,  c’était le diable qui brûlait l’âme de Ribier.

Puis la révolution de 1789 est arrivée, époque qui mit en doute toutes les légendes et, depuis, dit-on le feu Ribier a cessé de brûler.

De nos jours, la légende est éteinte comme son principale protagoniste, les braves gens des environs, passent à la Voirie sans être obligés de faire le signe de la croix comme jadis.

Le feu Ribier une légende Picarde du XVII°siècle

Si vous voulez vérifier que le feu Ribier  ne brule plus, voici les plans afin de retrouver le lieu.

Bonne sortie nocturne.

Mais prenez garde….

Cadastre Napoléonien de 1828 :

cadastre 1828 heilly

Vue aérienne de nos jours

plan heilly 1828

 

carte plan heilly 1828