Saint adelard corbie

Adélard de Corbie

Adalard de Corbie: Sous le règne de Louis Ier dit le Pieux

À son avènement, en 814, Louis le Pieux ( Louis le DEBONNAIRE) écarta les conseillers de son père. Adalard fut exilé au monastère sur l’île d’Her ou de Heria, en Aquitaine, au monastère de Saint-Philibert, appelé autrefois Hermoutiers et depuis Noirmoutier.

Le comte Wala, son frère, fut contraint de se faire moine à Corbie. Leur frère Bernaire fut lui exilé à Lerins, et toute la famille enveloppée dans la même disgrâce: Gundrade, leur sœur, fut reléguée à Poitiers, dans le monastère de Sainte-Croix, où elle mena une vie très-édifiante, une autre sœur, nommée Théodrade, put rester dans le monastère de Soissons, où elle avait pris le voile

Il ne rentra en grâce qu’au bout de 7 années, en 821, à la mort de Saint Benoît d’Aniane, principal conseiller de Louis le Pieux ; il lui fit même une espèce de réparation de l’injustice qu’il avait commise à son égard, en accumulant sur sa tête de nouvelles faveurs et de nouveaux honneurs.

Puis Adelard retrouva son abbaye de Corbie.

Souvent on le voyait, malgré sa dignité d’abbé, s’assujettir aux plus humbles fonctions de la communauté.

Quoiqu’avancé en âge, il écoutait avec docilité les avis du dernier de ses moines.

Lorsque quelqu’un d’entre eux l’exhortait à modérer ses austérités, il répondait en parlant de lui-même :

« J’aurai soin de votre serviteur, afin qu’il puisse vous être utile plus longtemps. »

Il ne négligeait rien pour porter ses religieux à la perfection ; il ne se passait aucune semaine sans qu’il leur parlât à chacun en particulier.

Mais, comme les instructions servent peu si elles ne sont pas soutenues par l’exemple, il pratiquait d’abord lui-même ce qu’il enseignait aux autres.

Sa sollicitude s’étendait aussi à tous ceux qui habitaient dans le voisinage du monastère.

Les pauvres étaient sûrs de trouver en lui un père compatissant ; il leur distribuait des aumônes si abondantes que les revenus de l’abbaye pouvaient à peine y suffire, et que ceux qui ne comptaient pas autant que lui sur les bontés de la Providence l’accusaient de prodigalité.

En 822, Adalard rédigea les statuts de l‘abbaye de Corbie (Statuta antiqua abbatiae sancti Petri Corbeiensis), qui servirent de modèle pour d’autres abbayes.

Toujours en 822, avec son frère Wala, il fonda la Nouvelle Corbie, l’abbaye de Corvey sur la Weser, en Saxe, dont Wala devint abbé.

La Nouvelle-Corbie, Corbeia Nova, connue sous le nom de Corvei ou Corwey, devint, dans la suite, la principale abbaye impériale du cercle de Westphalie.

Son domaine s’étendait le long du Weser, au levant de Brunswick, et l’évêché de Paderborn le bornait au couchant.

Il consistait principalement dans le bourg de Corvei, où était située l’abbaye, à la droite du Weser, et dans la petite ville de Hœxter.(de nos jours jumelé avec Corbie)

La fin de la vie d’Adalard

Le saint abbé, épuisé de travaux, tomba malade à Corbie, deux jours avant la Noël, en l’an 825.

Son disciple Hildeman, évêque de Beauvais, lui administra les derniers sacrements et l’assista jusqu’à l’heure de sa mort, qui arriva le 2 janvier 826 à l’âge de 75 ans.

Son frère Wala lui succéda comme abbé de Corbie.

Le corps d’Adélard avait été enterré sous le clocher de l’église abbatiale, entre ceux de 4 autres abbés, mais, Dieu ayant fait connaître par des miracles la sainteté de son serviteur, le pape Jean XIX, ou, selon d’autres, Jean XX, permit qu’on levât le corps de terre pour le mettre dans une châsse.

L’épitaphe suivante avait été placée sur sa tombe :

Hic jacet eximius meritis venerabilis Abbas
Noster Adalhardus dignus honore senex.
Regia prosapies, paradisi jure colonus,
Vir caritate probus, moribus atque fide.
Quem dum sub tumulo recolis tu quisque viator,
Cerne quid es, quid eris, mors quia cuncta rapit.
Nam post Octavas Domini hic carne solutus,
Succedente die astra petivit ovans
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