Saint adelard corbie

Adalard : Sous le règne de Charlemagne

Charlemagne, le fit venir, dès son plus jeune âge, à la cour et le nomma comte du palais.

Ce lieu de plaisirs fut pour le jeune Adélard une école où il apprit à aimer la vertu avec les lettres.

Cependant les abus et les pernicieux exemples qu’il y voyait, lui inspirèrent le dégoût du monde.

Il s’éloigna donc de la cour pour aller vivre dans la retraite, en devenant ermite en Italie.

Son sacrifice fut d’autant plus méritoire qu’il possédait les plus brillantes qualités de l’esprit et du corps et qu’il était à la fleur de l’âge.

Adalard parlait couramment le tudesque, le latin et le roman.

Il bénéficia de la protection de son cousin, Charlemagne , roi des Francs puis empereur d’Occident, et devint l’un de ses proches conseillers.

Adalard: Un homme de guerre

Il était un membre important de la cour impériale de Charlemagne, il assuma quelques missions comme missus dominicus (latin signifiant « envoyés du maître » ou « envoyés seigneuriaux » : c’est à dire des envoyés spéciaux des souverains carolingiens qui contrôlent les représentants du pouvoir royal au niveau local) et il participa à de nombreuses campagnes du roi des Francs, contre les Saxons et contre les Sarrasins.

Adélard fut nommé maire du palais par Charlemagne, il prit part, aux côtés de son père Bernard de Flandre, aux expéditions contre les Lombards.

Mais désapprouvant la répudiation de Désirée de Lombardie, épouse de Charlemagne, il quitta l’armée en 772.

Adalard : Un homme d’Église

Il se fit ermite près de Bénévent, en Italie du Sud, puis devint moine à l’abbaye de Corbie, après une année de noviciat passée dans la plus grande ferveur, sous l’abbatiat de Maurdramne (abbé de Corbie de 772 à 781), pendant lequel fut rédigée la Bible en 7 écritures différentes, dite « Bible de Maurdramne » et du temps de l’invention la minuscule La Caroline.

Il était âgé de 20 ans à peine lorsqu’il prit l’habit monastique à Corbie.

On le chargea d’abord de l’entretien du jardin, emploi dont il s’acquitta avec autant de zèle que d’humilité, il planta de ses mains dans ce que l’on appellera à Corbie le Clos Saint Adhélard. L’Église fit de lui le saint patron de cette profession.

À Corbie, il reçut de nombreuses visites de grands du royaume lui demandant d’intercéder en leur faveur auprès de Charlemagne.

En 772, lassé de tout cela, il demanda la permission de se retirer à l’abbaye du Mont-Cassin, il avait choisi ce monastère dans l’espérance d’y rester entièrement inconnu aux hommes.

Cette permission de se rendre en Italie lui fut accordée ; mais il n’y trouva point pour longtemps la paisible et profonde retraite qu’il y avait cherchée. Son mérite et ses vertus le mirent bientôt en évidence, et on l’obligea de revenir au monastère de Corbie où, quelque temps après son retour, il fut élu abbé après le retrait de Maurdramne, en 781.

C’est à Corbie en 774, que le roi des Lombards Didier (né vers 710, mort après 774), vaincu et dépouillé de ses états, ainsi que la reine Anse et leur fille Ermengarde furent assignés à résidence. Ils furent contraints d’y embrasser la vie monastique.

Sous Adhélard le nombre de moines à Corbie approchait les 400, sans compter les enfants élevés et instruits dans l’enceinte de l’abbaye.

Adalard : Un homme de lettres

Pendant son abbatiat, Adalard fit faire de grand progrès à l’école monastique de Corbie.

Corbie devint, une des plus fameuses écoles d’Europe et les sciences furent également cultivés avec beaucoup d’ardeur

Corbie attira de grands maitres savants afin d’enseigner l’Écriture Sainte, la grammaire, la rhétorique, l’arithmétique et les arts.

Adhélard était, dit-on, doué d’un esprit vaste et supérieur, d’un gout fin et délicat, d’une mémoire prodigieuse, rien ne lui échappait.

Le scriptorium fut l’un des lieux où s’élabora l’écriture minuscule caroline qui s’imposa ensuite à tout l‘Occident.

La bibliothèque de l’abbaye s’enrichit de somptueux manuscrits enluminés qui sont aujourd’hui conservés, pour partie, dans les Bibliothèques d’Amiens Métropole, à la Bibliothèque nationale de France à Paris et à la Bibliothèque nationale de Russie de Saint-Pétersbourg.

À cette époque, Adalard jeta les bases des statuts du palais d’Aix-la-chapelle qui furent plus tard établis définitivement par Hincmar.

Adalard entretint une correspondance suivie avec de grands dignitaires carolingiens: Alcuin, abbé de Saint-Martin de Tours, Angilbert, abbé de Saint-Riquier, Paul Diacre, abbé du Mont-Cassin et Eginhard, proche conseiller de Charlemagne.

Lorsqu’Alcuin se retira, Adalard devint l’un des tout premiers conseillers de Charlemagne.

Comte du palais, il figure dans le groupe de lettrés entourant Charlemagne, ils étaient au nombre de 9 et auquel on donna le nom d‘Académie palatine.

Adalard : Un politique de premier plan

Adalard fut nommé, en 781, régent d’Italie par Charlemagne, au nom de son troisième fils, Pépin âgé de 4 ans. (Carloman avant son baptême par le pape Adrien Ier )

Jusqu’en 805, Adalard se partagea entre Corbie et Pavie.

Charlemagne connaissait les grandes qualités d’Adélard ; il appréciait l’étendue de son esprit, son intelligence pour les affaires, son habileté à les manier avec succès.

En 796, ayant établi Pepin, son fils puîné, roi d’Italie, il lui donna Adélard pour conseiller et premier ministre.

Dans un rôle aussi important, Adélard se proposa uniquement pour but la gloire de Dieu et le bonheur des peuples.

Il fit rendre la justice avec la plus sévère exactitude, réforma divers abus, et s’attacha surtout à protéger les pauvres et les faibles. Le peuple s’était habitué à lui prêter des qualités surhumaines, et dans son esprit il passait plutôt pour un ange que pour un homme. Léon III avait une si haute idée de sa probité, que ce pape disait que, si Adelard était capable de le tromper, il ne se fierait plus jamais à aucun Franc.

Il fut un ministre doué de droiture et de zèle. Il s’appliquait à conserver le recueillement intérieur de l’âme au milieu de la vie publique et de la dissipation de la cour. Souvent il se renfermait dans ses appartements ou dans la chapelle du palais, afin de vaquer librement à la prière et de ranimer sa ferveur par la méditation sur les misères de l’homme et sur Dieu.

Après la mort de Pépin, (né en 777, mort le 8 juillet 810) Charlemagne le nomma en 812 tuteur de Bernard d’Italie (né vers 797, mort le 17 avril 818), fils du défunt roi.

Il est possible qu’Adalhard soit apparenté à Chrothais, maîtresse de Pépin et mère de Bernard d’Italie

Charlemagne mourut en 814, son fils Louis I le Pieux , qui était alors roi d’Aquitaine, lui succéda à la tête de l’empire.

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